La demande arrive presque toujours dans les mêmes termes : le site fait vieux, il n'est pas pratique sur téléphone, plus personne ne sait le modifier. Ces motifs sont légitimes, mais ils décrivent des symptômes. Le vrai risque d'une refonte n'est pas esthétique, il est comptable. Un site vieillissant, même laid, a généralement accumulé quelque chose de précieux : des adresses connues de Google, des pages positionnées sur des recherches précises, des liens reçus depuis d'autres sites, un historique. Cet actif est invisible sur la maquette, ce qui explique qu'on l'écrase si souvent sans s'en rendre compte. Nous voyons régulièrement des entreprises perdre une part importante de leur trafic naturel après une refonte pourtant livrée dans les règles de l'art graphique, simplement parce que personne n'a inventorié l'existant avant de le remplacer. La chute n'apparaît pas immédiatement : elle se manifeste six à dix semaines plus tard, quand le téléphone sonne moins, et il devient alors difficile de relier la cause à l'effet. Notre approche inverse l'ordre des opérations. Avant de dessiner quoi que ce soit, nous relevons ce que le site actuel produit réellement : quelles pages reçoivent des visites, sur quelles requêtes, quelles adresses reçoivent des liens externes, quels contenus amènent des demandes. Ce relevé devient le cahier des charges de la refonte. Ce qui fonctionne est conservé et amélioré ; ce qui ne sert à rien disparaît, mais en connaissance de cause et jamais par accident.