La province de Liège s'organise autour d'une agglomération qui pèse plus de six cent mille habitants et d'un arrière-pays qui n'a presque rien à voir avec elle. Cette dualité commande toute la stratégie de visibilité. Dans l'agglomération, les requêtes commerciales génériques sont tenues depuis dix ou quinze ans par des acteurs bien installés, avec des profils de liens qu'un site neuf ne rattrape pas en une année. Prétendre les attaquer de front revient à vendre une illusion. En revanche, l'agglomération se décompose en sous-marchés parfaitement distincts : le Carré et le centre commerçant, le quartier des Guillemins transformé par la gare et les bureaux, Sainte-Marguerite et Saint-Léonard avec leur tissu de commerces populaires, Angleur et le Sart-Tilman où l'université irrigue un réseau dense de spin-offs, Herstal et son héritage mécanique, sans compter Seraing, Ans ou Chaudfontaine qui fonctionnent comme des marchés autonomes. Une entreprise liégeoise gagne beaucoup plus à dominer son quartier et sa spécialité qu'à figurer en quinzième position sur une requête large.
La province tire aussi une part importante de son activité de deux infrastructures lourdes. Le port intérieur, l'un des plus importants d'Europe, et l'aéroport de Bierset spécialisé dans le fret ont structuré autour d'eux une filière logistique, un secteur de la maintenance et une sous-traitance technique qui vendent à des acheteurs professionnels, souvent à l'international, et dont les sites servent autant à recruter qu'à prospecter. La vallée mosane conserve par ailleurs un tissu industriel et métallurgique en recomposition, tandis que le pôle universitaire et hospitalier alimente un flux constant de jeunes entreprises en sciences du vivant et en ingénierie.
Au-delà de Verviers commence une autre province. Le Pays de Herve et son agriculture fromagère, les Hautes Fagnes, Spa, Malmedy et Stavelot vivent d'un tourisme de nature et d'événements dont la clientèle vient largement de Flandre, des Pays-Bas et d'Allemagne. Plus à l'est encore, les neuf communes de la Communauté germanophone, autour d'Eupen et de Saint-Vith, constituent un marché à part entière où l'allemand est la langue de travail et où très peu d'agences wallonnes se positionnent sérieusement. C'est probablement l'angle mort le plus net de la région : une entreprise qui publie un site réellement germanophone, et non une traduction approximative, y prend des positions que personne ne lui dispute. Nous traitons donc systématiquement l'est de la province comme un projet multilingue à part entière, pas comme une option ajoutée en fin de chantier. Entre les deux extrémités, la Hesbaye et le bassin hutois forment une bande intermédiaire souvent oubliée. Huy, Waremme et leurs communes vivent d'agriculture, de petites industries et de services, avec une population qui travaille fréquemment ailleurs. La concurrence en ligne y est modérée et les positions se prennent en quelques mois, à condition d'accepter que les volumes de recherche restent limités et que le retour se mesure en contacts qualifiés plutôt qu'en trafic.